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Vincent BEAURIN Ocelle, 2018.
Ocelle, 2018.
Polystyrène, verre.
Ø 71 x 13,5 cm

Le travail de Vincent Beaurin est animé par une fascination pour la peinture et la couleur, et plus précisément pour le tableau de paysage et les couleurs atmosphériques. On peut distinguer deux axes dans sa production sans toutefois que l'artiste n'établisse de discontinuité: l'un 'abstrait', plus pictural, Ocelles, Spots Couleur, Champs, Fenêtres, Horizons, l'autre 'figuratif', plus sculptural, aux volumes plus ou moins dilatés, entropiques, biomorphique, Statues, Quiero, Tree of Life, Arch.

 

"Les principaux éléments du travail de Vincent Beaurin sont les couleurs et leur énergie, l'air et la lumière, le corps, la figure, la sinuosité et le scintillement... Chaque oeuvre d'art est placée dans l'espace, produisant un effet qui, par ses qualités peu communes, peut se définir comme 'aura'. Chaque oeuvre est l'aura d'elle-même et, en même temps, l'aura d'un appel lointain qui devient de plus en plus proche."

Domenico de Chirico, 2018.


"L'oeuvre de Vincent Beaurin est une exploration sensible des formes et de leur inscription dans l'espace, des formes-paysages dont il travaille la variation subtile des couleurs, des surfaces et des matériaux avec la précision d'un ciseleur."

Pascal Rousseau, "Un Cercle de Plénitude", "Vincent Beaurin Three Pieces", Paris, 2016, p. 27.


"Par cette poétique de la limite et des couleurs atmosphériques, cette oeuvre se rattache à l'héritage moderniste des débuts de l'abstraction, tout en rejoignant une histoire au plus long cours qui, de Goethe à Kandinsky, a vu s'affirmer une pensée de la forme en train de se révéler, une 'morphologie'. Car les formes que Vincent Beaurin convoque sont avant tout des lieux de gestation du visible où se manifeste une présence qui est le signe d'une plénitude à venir."

Pascal Rousseau, "Un Cercle de Plénitude", "Vincent Beaurin Three Pieces", Paris, 2016, p. 27.

MEMENTO VIVI - Clément Dirié -

Les oeuvres de Vincent Beaurin sont des témoins, tranquilles, telluriques, rayonnants.

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Les oeuvres de Vincent Beaurin sont des instruments de mesure, du proche et de l'inatteignable, de l'homme et du paysage, du trouble et de l'histoire de l'art.

Venu de l'artisanat par sa formation de ciseleur à l'École Boulle, reconnu comme designer pour sa collection 'Noli me tangere' (1994) et ses collaborations avec la Galerie Néotù, Andrée Putman et Alessandro Mendini, Vincent Beaurin accorde une importance cruciale à la justesse des formes et à la complétude de leur réalisation, conférant à ses oeuvres une certitude assurée, quelles qu'en soient leurs dimensions. Cette certitude, cette évidence, c'est celle procurée par un langage plastique pré-sémiotique : les couleurs ne sont ni signalétiques ni symboliques mais émotionnelles et atmosphériques ; les formes ne sont pas complexes mais élémentaires et organiques ; le sens n'est jamais transcendant mais immanent. Tout est là, donné à voir, manifeste, comme au petit matin d'un jour de canicule ou au lendemain mouillé d'un orage grandiose. Les paysages, les climats, le monde minéral, le cycle du soleil forment l'horizon d'un artiste de la contemplation qui réconcilie dans ses oeuvres peinture et sculpture, surface et volume, textures et contours, présence à soi et réflexion sur l'espace. Car il ne s'agit pas seulement de créer, il faut également montrer, organiser l'articulation des oeuvres entre elles au sein de dispositifs qui les révèlent, les mettent en relation et leur permettent d'englober le spectateur, de le dépasser pour mieux le piéger et l'intégrer (Hand-made colour sculptures: some are paintings, some are statues, 2017, dans L'Expérience de la couleur, Musée national de Céramique, Sèvres, 2017-2018; Etat alchimique, Fondation Brownstone, Paris, 2017; Couronne, 2013; Le Spectre, Atelier Cézanne, Aix-en-Provence, 2010; Avant la panique, Crédac, Ivry-sur-Seine, 2006; The Fun of the Past, Mudam, Luxembourg, 2006; Yanomani, l'esprit de la forêt, Fondation Cartier pour l'art contemporain, Paris, 2003).

Les oeuvres de Vincent Beaurin sont des intermédiaires, légers, sentimentaux, résistants.

Jamais lisses, parfois abruptes, toujours physiques, elles sont comme ces osselets, silex et cailloux qui, parfois, surgissent à leurs surfaces et que nous aimons manipuler au creux de nos mains. Memento vivi. Elles nous demandent d'être là et de nous situer, de s'abstraire de notre monde liquide pour établir une zone de contact à investir physiquement et sensuellement, en état d'introspection et d'écoute. Elles offrent pour cela une harmonie poudrée, un calme intense, une sérénité vigoureuse, celle bien sûr de l'alchimiste mais surtout celle d'un artiste aspiré par une quête radicale : celle de la mise à nu des phénomènes optiques et picturaux, des correspondances et des synesthésies, d'un état sincère du monde et de l'art.

L'Expérience de la couleur - Musée National de Céramique - Sèvres - Cité de la Céramique, 2017-2018.

Domenico de Chirico, Milan, Mars 2018.

'D'abord, il faut admettre que cet univers est un animal, qui renferme en lui-même tous les animaux, et qu'il y a en lui une âme, qui se communique à toutes ses parties' Plotin, Ennéade IV , Livre 4, édition originale, III-IVième siècle.

La doctrine du philosophe antique grec Plotin nait du constat que l'unité est essentielle à la vie. Plotin appelle Ame du monde - aussi connu en latin comme Anima Mundi - le principe vital à partir duquel les animaux, les humains et les plantes prennent forme. C'est à partir de ce principe universel qu'il est possible de comprendre les degrés inférieurs de la nature et non vice versa. Selon Plotin, la vie n'opère pas en assemblant des individualités pour en faire des organismes plus évolués et intelligents, l'intelligence doit être déjà présente dans la vie même. Les idées doivent cependant rester en soi transcendantes, expressions d'un même intellect, qui se pensant lui-même, se fait objet. L'Être et la pensée forment donc un unicum. Dans la pratique esthétique et formelle de l'artiste Vincent Beaurin, cet unicum pourrait correspondre à la Nature qui, du principe unique crée le multiple; lorsque les organismes/éléments singuliers, s'articulant et se distinguant par leur spécificité, se liant étroitement à d'autres, produisent un mécanisme qui a priori n'existe que dans l'individualité de l'oeuvre unique. Les principaux éléments du travail de Vincent Beaurin sont rassemblés dans cette scénographie: les couleurs et leur énergie, l?air et la lumière, le corps, la figure, la sinuosité et le scintillement - l'unicum est là, sous la forme de particules étincelantes, se manifestant sans cesse et à chaque fois, d'une manière différente dans chaque élément - et enfin, l'abstraction qui s'entend comme une pulsion vers une vision plus large et plus totale, qui irradie, se manifestant dans un jeu incessant de va et vient. La lumière joue un rôle fondamental dans ce mouvement cyclique. Une luminosité est toujours présente dans les oeuvres de Vincent Beaurin. C'est presque comme si ses oeuvres conservaient l'élément lumineux en elles-mêmes, et cette lueur semble renvoyer à cet unicum, qui, comme précédemment énoncé, est divisé et uni, et se manifeste dans toute sa diversité à travers la couleur, qui petit à petit devient matière. Son travail en tant que sculpteur consiste à résoudre et équilibrer des pressions réciproques, en particulier entre un corps en devenir et l'espace qui le contient, sans oublier tout ce qui est déjà présent dans l'espace. Cette étude attentive est évidente dans cette exposition au Musée National de Céamique - Sèvres - Cité de la céramique - dans laquelle les oeuvres de Vincent Beaurin, tout aussi légères que pesantes, semblent danser avec le milieu hôte accueillant. C'est presque comme si leur lumière embrassait les éléments environnants,dans une association solidaire qui amplifie le sens du tout, immanent dans son oeuvre, et que toute chose s'inscrivait dans cet évènement. Ce faisant, portant les éléments au-delâ de leur spécificité, les contours deviennent flous, tout est illuminé. L'air, porteur de lumière, ainsi que le souffle entendu comme une force radiante, semblent jouer un rôle important dans cette « démarche » enveloppante et dynamique. Tout parle de ce qui se cache dans la couleur et de ce qui se cache dans l?intimité de la matière. C'est comme s'il y avait deux types de lumière : l'une qui illumine les objets et se distingue de l'ombre, l'autre pour lequel les mêmes objets ne représentent pas des obstacles ni des écrans prédéterminés, parce qu'ils sont des éléments autonomes qui se définissent plus précisément encore la nuit ou dans un état agréable de quiétude. Chaque oeuvre d'art est placée dans l'espace, produisant un effet qui, par ses qualités peu communes, peut se définir comme « aura ». Chaque oeuvre est l'aura d'elle-même et, en même temps, l'aura d'un appel lointain qui devient de plus en plus proche.

Vincent BEAURIN Ocelle, 2018.
Ocelle, 2018.
Polystyrène, verre.
Ø 71 x 13,5 cm
Unique
Datée, signée
3,5 kg
Vincent BEAURIN Ocelle, 2018.
Ocelle, 2018.
Polystyrène, verre.
Ø 71 x 13,5 cm
Unique
Datée, signée
3,5 kg
Vincent BEAURIN Ocelle, 2018.
Ocelle, 2018.
Polystyrène, verre.
Ø 71 x 13,5 cm
Unique
Datée, signée
3,5 kg
Vincent BEAURIN Ocelle, 2018.
Ocelle, 2018.
Polystyrène, verre.
Ø 71 x 13,5 cm
Unique
Datée, signée
3,5 kg
Vincent BEAURIN Ocelle, 2018.
Ocelle, 2018.
Polystyrène, verre.
Ø 71 x 13,5 cm
Unique
Datée, signée
3,5 kg